mots clé : Régime, mincir, maigrir, obésité, bilan pondéral, IMC, alicaments, allégations santé

Aliments ou médicaments ?

Je mange pas, je me soigne !

« An apple a day leaves the doctor away »: le séculaire dicton anglais qu’on peut traduire par « Une pomme chaque jour évite le docteur toujours »  serait aujourd’hui impitoyablement classé parmi les allégations santé mensongères et durement sanctionné. N’est pas aliment santé  qui veut !

Le principe est simple : d’un côté, il y a les aliments, dont la vocation première n’est pas de soigner. De l’autre, il y a les médicaments dont c’est précisément la fonction. A priori, donc, pas d’ambiguïté, mais dans les faits, il n’en va pas de même.

Tout le monde le sait depuis longtemps : nos comportements nutritionnels ont un impact direct sur notre santé. Certains aliments ou familles d’aliments ont d’ailleurs des vertus que la science reconnaît formellement. Et que les responsables de santé publique promeuvent avec enthousiasme : nos fameux cinq fruits et légumes à absorber quotidiennement en sont une parfaite illustration.

De là à mélanger les genres, il y a un pas que bon nombre de profiteurs ont voulu franchir un peu trop allègrement en exploitant par exemple le terme « d’alicament », subtil néologisme né de la contraction d’aliment et de médicament.

La vague nutritionnelle est si forte depuis le début des années quatre-vingt, que le législateur a eu bien des difficultés à en contrôler l’usage. Il faut dire que le marché des aliments santé, c'est-à-dire ceux qui revendiquent un bénéfice sur une fonction de l'organisme, est estimé à 35 milliards d'euros dans le monde en 2009, avec une croissance moyenne de 5 % à 7 % par an.

1 produit alimentaire = 1 argument santé ?

Foisonnement de docteurs miracles, de produits enrichis à la poudre de perlimpinpin, de régimes minceur à base d’extraits de n’importe quoi. C’est un peu la rançon du succès remporté par la politique de santé publique qui a trouvé dans le marketing des producteurs, des industriels et des distributeurs, un allié dont l’empressement est parfois un peu suspect...

Les professionnels de l’alimentation acceptent aujourd’hui d’autant mieux les contraintes dont on les accable qu’ils ont depuis belle lurette compris que les consommateurs sont devenus ultrasensibles aux motivations de bien-être. On estime d’ailleurs qu’aujourd’hui, un produit alimentaire sur quatre est lancé sur le marché grâce à un argument santé.

La folie de la santé est-elle pour autant de la folie furieuse ? Loin de là. En France, le consommateur a le privilège de ne pas être considéré comme un gogo absolu et ce qu’il peut lire sur l’étiquette ne rime pas avec sornette. Alors qu’aux Etats-Unis ou au Japon vous pouvez acheter des boissons censées prévenir le cancer ou des chewing-gums réputés combattre le rhume, vous ne trouverez à l’Hyper de votre coin que des produits présentant des allégations dument vérifiées et autorisées.

Même s’il y a un peu d’hypocrisie dans l’air et sur les packagings, on n’essayera pas de vous faire acheter des vessies pour des lanternes. Ne pas être pris pour un imbécile est sans doute la première allégation revendiquée par les consommateurs.

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