mots clé : Dépendance, addictions, drogue, jeux en ligne, paris en ligne, Internet

Jeux d’argent et paris en ligne

Jeux, paris et drogués en ligne

A tous points de vue, la 19ème Coupe du Monde de Football aura été une première pour la France... C’est à cette occasion que jeu de ballon et jeu en ligne ont pu légalement se rencontrer. Et cette fois, Raymond Domenech n’y était pour rien…

Voilà des lustres que, de l’autre côté de la Manche, les bookmakers organisent des paris sur tout et sur rien. Le Prince Charles quittera-t-il Camilla et à quelle heure ? Les rameurs du huit barré de Cambridge l’emporteront-ils sur ceux d’Oxford cette année ? Pleuvra-t-il beaucoup ou énormément pour l’ouverture des JO à Londres ?

Avec l’avènement d’Internet, partout en Europe – et plus seulement au cœur de la perfide Albion – à travers le vaste monde, les formes et le montant des paris en tout genre ont explosé.

Paris sportifs bien sûr, mais pas seulement. Les jeux d’argent ont amené sur la toile des centaines de millions d’internautes et pris dans leur toile des dizaines de millions d’accros au poker, au black jack, aux loteries de tout poil…

La fin de l’exception française

La France faisait figure d’exception dans le domaine du jeu. Régi par une législation ultra-stricte, le jeu d’argent était exclusivement limité aux enceintes des casinos, du PMU et de la Française des Jeux, ces deux dernières institutions conservant le monopole des jeux en ligne dans leur secteur. Du moins des jeux en ligne légaux car, fin 2009, on estimait à plus de 3 millions le nombre de français jouant et pariant sur des sites de jeux d'argent, dont près de 65% sur des sites "illégaux".

La législation européenne, mais aussi la multiplication de sites ayant élu domicile social dans des paradis fiscaux off shore, rendaient paraît-il intenables les positions gauloises, encerclées par les sirènes des jeux de hasard.

Pourtant, les arguments de prévention des comportements addictifs avancés depuis des années par les Pouvoirs publics et puissamment relayés par leurs porte-paroles de terrain  - PMU et FDJ – ne manquaient pas d’une certaine pertinence. D’une certaine hypocrisie également car, malgré les précautions prises pour limiter le développement du jeu pathologique, celui-ci a connu une courbe ascendante, de facto exclusivement attribuable aux institutions officielles du secteur, y compris publiques.

Causes collectives ou individuelles ?

N’exagérons rien, répliquent les tenants du monopole ludique. Si les quelque 36 millions de personnes qui, en 2009, auront au moins une fois tenté leur chance auprès de la Française des Jeux ou du PMU étaient toutes accros, ça se saurait !

Les experts patentés du domaine semblent leur donner raison. A priori, on ne compterait à l’intérieur de l’hexagone que 1 à 2% de joueurs « problématiques ou pathologiques », c'est-à-dire quand même entre 400 000 à 800 000 personnes !

Lorsque l’on sait que le nombre total de toxicomanes (hors tabac et alcool) est de moins de 300 000, on mesure l’ampleur du phénomène « jeu addictif » et l’urgente nécessité d’affiner des estimations dont l’amplitude (du simple au double) est inquiétante avant même la multiplication des jeux et paris en ligne !

/>
/>