mots clé : Beauté, chirurgie esthétique, séduction, look

Officiel : nous sommes des chefs-d’œuvre…

Tout beau ma belle !

Vous, Madame, êtes le sosie de Monica Bellucci et vous, Monsieur, celui de George Clooney. En tout cas, si ce n’est pas vrai, il ne s’en faut pas de beaucoup : explications. Millimétrées.

Ce cher Léonard de Vinci, avant de devenir héros de best-seller controversé, a révolutionné son siècle… et les cinq suivants.

Le XXIe n’en est qu’à ses premiers vagissements, mais il s’inspire encore du Génie florentin. Entre le parachute, le sous-marin, l’hélicoptère et La Joconde, on s’extasiera  probablement encore longtemps sur le célébrissime « Homme de Vitruve », si idéalement inscrit à la fois dans un cercle et dans un carré.

Pour bien décoder da Vinci, il faut savoir que les grecs anciens considéraient le cercle comme le symbole même de l’harmonie du monde, de la perfection, le carré représentant, à travers ses quatre côtés, les points cardinaux, les saisons, les éléments…

Bref, le corps humain – notre corps – bâti selon des lois mathématiques rigoureuses, serait parfait de la tête aux pieds. Mon œil!

Comme le nez au milieu de la figure

On a beau aimer Léonard de Vinci et avoir entièrement confiance en son sens artistico-scientifico-visionnaire, il peut arriver qu’au détour d’un miroir, au petit lever, on se mette à douter de la perfection absolue de notre anatomie.

Certes, il est aisé d’admettre que l’espèce humaine est à peu près constituée sur le même modèle et que notre nez, s’il ne se trouve pas pile poil au milieu de la figure, n’en est pas éloigné de dix mètres. De là à se prendre pour le canon de la beauté, il y a un pas…

Inutile donc d’aller exhumer dans d’improbables souvenirs le fameux « nombre d’or » quasiment mythique pour des générations entières d’étudiants en architecture comme en arts plastiques (pour les pervers nostalgiques et les curieux, phi = 1,618)… Il correspond au résultat d’un rapport de proportion parfait. Alors, on oublie !

Depuis l’Homme de Vitruve, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et davantage encore de mascara sur les joues, mais jamais sans doute les sociétés humaines n’ont consacré plus de temps qu’aujourd’hui à améliorer le corps, à corriger l’apparence physique.

Combien d’émissions de « relooking » ou de « télécoaching »  nous assènent-elles quasi quotidiennement leurs normes liberticides ? Combien de mannequins anorexiques faudra-t-il encore soigner pour que la dictature du paraître laisse place à un… régime plus souple ?

Je m’aime, moi non plus

Plaire aux autres, c’est s’aimer soi-même. Un constat social plus qu’une réflexion philosophique et une illustration parfaite des résultats parfois incroyables des enquêtes de l’Observatoire des Consommateurs Français (OCF). On y apprend par exemple que le piercing concerne aujourd’hui une adolescente sur trois, que 41% des femmes (50% des jeunes mères !) admettent qu’elles aimeraient bien « se faire conseiller par des professionnels sur leur façon de s’habiller, sur les couleurs qui leur vont ». Moins spectaculaire, mais plus préoccupante, est la proportion de candidates potentielles ou déclarées au bistouri esthétique : 15% des femmes.

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