Autant dire que le Plan II  - et celui qui le portait sur les fonts baptismaux - étaient attendus au coin du bois. Sans doute instruit par les insuffisances du Plan I et peut-être plus inspiré, le Professeur Jean-Pierre Grünfeld – responsable et coordonateur du travail – a semble-t-il réussi la performance  de fédérer - cette fois en sa faveur - la plupart des acteurs du secteur. Globalement, des associations de patients aux laboratoires de recherche, on s’accorde à trouver au nouveau Plan Cancer version rupture, des ambitions, des atouts et des moyens à côté desquels le Plan précédent version plan-plan était passé.

A vos rangs, fixe !

Les plans d’action, dans le domaine délicat de la politique, prennent vite des accents militaires. On parle feuille de route, mobilisation, force de frappe, bref, plan de bataille. Résultat, le document final est organisé bien en rang, les cheveux coupés ras et semble avancer au pas cadencé. Réglé comme un défilé de 14 juillet.

Avec les troupes qui défilent, on prend volontiers le rythme : 5 axes – tête droite – 30 mesures – à gauche, gauche – 118 actions – un, deux ! Mais l’ensemble est cohérent, chacun est à sa place et avance dans la même direction.

Si l’on s’en tient aux 5 axes annoncés, 4 ne constituent pas vraiment une surprise (recherche, observation, soins, prévention), le 5ème représente en revanche le chaînon manquant dans le plan Chirac de 2003 : la vie des patients pendant et après le cancer. Revue de détail au cœur du Plan Sarkozy, concocté en réalité par le professeur Jean-Pierre Grünfeld.

Recherche : fondamentale et appliquée

Le rapport Grünfeld a fort opportunément inscrit comme une priorité la réduction des inégalités de santé face au cancer. La recherche se place au cœur de cette problématique en permettant une collaboration pluridisciplinaire entre des spécialistes en biologie, en génétique, en immunologie, de l’environnement, en toxicologie, des cliniciens, sociologues, économistes, associations de patients, etc. La compréhension de ces inégalités doit permettre d’apporter des réponses adaptées et efficaces en cohérence avec les autres volets du Plan cancer.

L’un des grands enjeux actuels de la recherche sur le cancer porte en effet sur l’équilibre entre le soutien important à la recherche fondamentale, génératrice de progrès souvent imprédictibles, et une recherche appliquée dont l’objectif est d’aboutir rapidement à des médicaments ou techniques ayant des conséquences sur le traitement des patients.

Les nouveautés

Renforcer les moyens de la recherche pluridisciplinaire

 Labelliser 5 sites de recherche pluridisciplinaire en cancérologie.

 Augmenter de 50 % la participation des malades aux essais cliniques.

Caractériser les risques environnementaux et comportementaux.

 Consacrer plus de 15 % du budget de recherche mobilisé par le Plan à l’analyse des risques environnementaux et comportementaux.

 Contribuer au séquençage complet du génome des 5 cancers les plus fréquents.

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