« Ouf, ça fait du bien ! »

Faisons appel une nouvelle fois à un humoriste pour éclairer le débat. « Ouah, la criiiise ! » s’exclamait Coluche pour situer un événement sur l’échelle de l’hilarité. Coluche, comme souvent, parlait juste car le rire peut effectivement s’apparenter à une véritable crise au cours de laquelle notre corps nous échappe totalement, notre raison s’altère et nos sens s’affolent. Un état proche de celui provoqué par une émotion intense (voir notre encadré « La gymnastique du grand zygomatique »)...

Après la « crise », le corps cède irrésistiblement à une détente bienfaisante et régénératrice. En même temps, le rythme cardiaque se ralentit, le calibre des vaisseaux sanguins augmente et la pression artérielle diminue. Ouf, ça fait du bien !

Sur le plan mécanique, tout est donc clair. Jusqu’au fait que le rire soit, physiquement, le propre de l’homme. C’est, semble-t-il, à notre statut de bipède que nous devons cette capacité unique à nous esclaffer. Une affaire de cage thoracique. Nos cousins les singes rient presque, mais presque seulement, parce que ce sont d’imparfaits bipèdes.

L’homme et le chimpanzé ont en effet des rires très différents : là où le premier casera une longue série de « ha-ha-ha » dans un même souffle, le second lui, devra reprendre sa respiration entre chaque « ha ». Là où l’homme fera travailler les muscles de son corps, le chimpanzé ne mobilisera que ceux du visage.

Rigoler un quart d’heure par jour

Tout  cela est bien beau mais qui nous dira enfin si, oui ou non, le rire est bon pour la santé ? Du calme, rassurons-nous, depuis quelques mois, on en est certain : c’est oui.

Deux équipes de chercheurs qui ne passent pas pour des rigolos ont en effet présenté les résultats de leurs travaux respectifs à la conférence annuelle de l’American College of Cardiology. L’une de ces équipes a mis en évidence les effets bénéfiques du rire, comparables à la pratique d’un exercice physique pour le système cardiovasculaire. L’autre a confirmé que la dépression augmentait de 44% les risques de mortalité !

Nous ne recommandons pas d’arrêter l’exercice. Mais, bien rigoler un quart d’heure par jour tout en faisant de l’exercice trois fois par semaine doit probablement être une bonne combinaison pour le système vasculaire explique le Docteur Michael Miller, de l’université du Maryland.

De son côté, la cardiologue Wein Jiang, de l’université de Caroline du Nord, justifie avec sagesse que les états dépressionnaires provoquent une nette surmortalité : les déprimés vivent plus dangereusement, précise-t-elle ; souvent, ils fument, sont sédentaires et ont un mauvais régime alimentaire.

Sur la mécanique et les effets du rire, on sait donc désormais presque tout. En revanche, le travail en laboratoire ne permet pas de répondre à la grande, la vraie, la seule question : « Pourquoi rit-on » ? 

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